Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre 2026, nous passons à l’heure d’hiver : à 3 heures du matin, il sera 2 heures. À l’approche de ce week-end, on trouve beaucoup de conseils, parfois très précis : décaler le coucher de 15 minutes par jour, une semaine avant, au quart d’heure près…
En tant qu’infirmière, hypnothérapeute et maman de trois enfants, dont un enfant TDAH et un enfant hypersensible et HPI, je vous propose une approche douce, qui part de votre famille, et je vous invite à aborder ce changement avec légèreté.
Faire confiance au rythme de votre enfant
Le corps de votre enfant possède sa propre horloge interne. Elle se recale peu à peu, au fil des jours, avec les repères de la maison. Votre enfant a déjà vécu des changements de rythme, et vous connaissez sa façon de les traverser.
Ce qui compte le plus : votre sérénité
Les enfants sont souvent très sensibles à l’état émotionnel de leurs parents. Une inquiétude autour du changement d’heure (« et si elle se réveille à 5 heures ? », « et s’il refuse d’aller au lit ? ») peut se transmettre et rendre le coucher plus délicat. Un parent serein offre à son enfant un repère précieux : un cadre calme et rassurant.
Pour traverser ce genre d’étape, l’adulte a parfois besoin de sentir qu’il garde la main. Ce besoin est tout à fait légitime : un parent rassuré met son enfant en sécurité.
Ce sentiment de sécurité se nourrit de choses simples : votre calme, votre présence, les repères habituels de la maison. Inutile d’ajouter des rituels ou de décaler chaque soir le coucher de 15 minutes : là où beaucoup de conseils proposent de la maîtrise, cette transition invite au lâcher-prise et à la détente.
Alors cette semaine, autorisez-vous à relâcher la pression. Le changement d’heure est une transition, et votre famille saura la traverser à sa manière.
Chaque famille a son propre rythme
Il existe autant de façons de vivre le changement d’heure que de familles. Certains enfants s’adaptent très vite, d’autres prennent davantage de temps. Certaines familles aiment anticiper, d’autres préfèrent laisser venir. Toutes ces façons de faire sont justes.
Avant d’appliquer une technique, prenez un moment pour observer votre famille :
- À quelle heure votre enfant montre-t-il naturellement des signes de fatigue : bâillements, yeux qu’il frotte, besoin de câlins ?
- Est-il plutôt du matin ou du soir ?
- Les changements le bousculent-ils facilement, ou s’adapte-t-il avec souplesse ?
- Quel rythme convient à toute la maison, parents compris ?
Ces observations sont précieuses : elles vous disent de quoi votre enfant a besoin, lui.
Si vous souhaitez anticiper : en douceur, à votre rythme
Pour un enfant sensible aux changements, comme beaucoup d’enfants TDAH, hypersensibles ou anxieux, un décalage progressif peut apporter du confort. Dans ce cas, glissez simplement le coucher un peu plus tard, de quelques minutes, sur les jours qui précèdent. Le nombre de minutes et de jours vous appartient : suivez ce que votre enfant vous montre plutôt qu’un calendrier.
Dimanche, il vit encore à l’ancienne heure ? Tout va bien
Si, le dimanche du changement d’heure, votre enfant se réveille à 6 heures au lieu de 7, ou bâille dès 19 heures, respirez : tout va bien. C’est une étape de l’adaptation. Son corps va se réguler à son rythme, au fil des jours.
Pendant cette période, quelques gestes simples l’accompagnent :
- ouvrir grand les rideaux le matin et profiter de l’extérieur ;
- tamiser les lumières le soir ;
- garder le rituel du coucher tel que votre enfant le connaît : mêmes étapes, même ordre, mêmes mots ;
- s’il se réveille tôt, lui proposer un moment calme dans son lit, avec un livre ou sa peluche.
Et si cette transition demande un peu plus de souplesse autour du coucher, du sommeil ou des réveils, gardez en tête qu’elle est passagère : ces quelques jours forment une parenthèse, et les habitudes de sommeil de votre famille restent les vôtres.
Raconter le changement d’heure à votre enfant
Mettre des mots sur ce qui se passe peut aider votre enfant à vivre ce changement sereinement. Voici une petite histoire à lui raconter le samedi soir, avec vos mots :
« Cette nuit, toutes les horloges du pays vont faire quelque chose de magique : elles vont reculer d’une heure, comme si elles s’offraient un petit repos. Demain matin, ton corps se réveillera peut-être un peu en avance sur les horloges. Ce sera un petit secret entre toi et le soleil. Et chaque jour, ton corps et les horloges se rapprocheront, jusqu’à marcher de nouveau main dans la main. »
Cette image peut transformer le changement en jeu et aider votre enfant à accueillir ce petit décalage avec curiosité.
Oli la chouette, un repère qui reste le même
Quand l’heure bouge, un repère qui reste identique peut être rassurant. L’histoire d’Oli la chouette, conçue comme une séance d’hypnose douce, est la même chaque soir : la même voix, le même voyage au milieu des étoiles, les mêmes paroles rassurantes comme « tu es en sécurité » et « ton corps se détend ». Votre enfant appuie sur le bouton, et ce geste familier lui signale que la nuit commence, quelle que soit l’heure affichée à l’horloge.
En résumé
- Faites confiance à la capacité d’adaptation de votre enfant.
- Votre sérénité est un repère précieux pour lui.
- Écoutez d’abord le rythme de votre famille, puis décalez progressivement si cela vous convient.
- Si, dimanche, il vit encore à l’ancienne heure, tout va bien : il se régulera à son rythme.
- Le rituel du coucher et Oli la chouette restent ses repères stables.
Si les difficultés de sommeil s’installent dans la durée, parlez-en à votre médecin. Et pour parler plus en détail de votre enfant, je vous propose un accompagnement d’une heure en visio.
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Elise Bajen est infirmière depuis 2009 et hypnothérapeute à Muret, près de Toulouse. Maman de trois enfants, elle a créé Oli la chouette pour accompagner les enfants vers le sommeil, soir après soir.